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"L'inconscient n'est pas seulement telle ou telle chose, mais l'inconnu qui nous affecte immédiatement."

C.G. Jung, L'âme et le Soi, Renaissance et individuation, trad. C. Maillard, C. Pflieger-Maillard et R. Bourneuf, Paris, Albin Michel, 1990, p. 148.

Preambule

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Mis à jour et voté le 5 décembre 2015

Le respect de la personne humaine dans sa dimension psychique est un droit inaliénable.

La psychanalyse jungienne et la psychothérapie d’orientation jungienne ont pour but de favoriser le processus d’individuation au sens jungien du terme.

La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et les principes contenus dans les législations, européenne et nationale, imposent un fondement éthique auquel chaque membre de l'APPJ soumet sa pratique et son comportement dans l'APPJ.

Les principes fondateurs du fonctionnement éthique de l'Association de Psychanalystes et Psychothérapeutes Jungiens (APPJ) constituent le présent code de déontologie, auquel chaque membre réfère à la fois sa pratique, dans le domaine de la psychanalyse ou celui de la psychothérapie d’orientation jungienne, et son comportement dans l'APPJ.

Le présent code rend compte de l’esprit qui anime l’APPJ et des valeurs qui la fondent : horizontalité de fonctionnement, principes de la communication non-violente, éthique de la communication, respect et bienveillance, encouragement à la créativité.
Il souligne également la responsabilité, pour chaque membre, d’apprécier subjectivement toute situation qui se présente à lui, dans sa pratique et dans sa vie institutionnelle à l'APPJ.

Chaque professionnel est tenu de respecter le code de déontologie propre à sa profession initiale.

Le psychanalyste et le psychothérapeute membres de l'APPJ - nommés « praticiens » dans ce texte -, sont compétents et en mesure d’exercer leurs compétences. Ils veillent à leur formation continue et à estimer si leur état de santé leur permet d’exercer. Le praticien doit s’abstenir de faire état de qualifications qu’il ne possède pas.

La responsabilité de tout membre de l'APPJ est engagée dès lors qu’il entre en relation avec un patient. Elle est tout autant engagée quand il entre en relation avec un autre membre de l'APPJ, dans le cadre de la formation, intiale ou continue, à titre occasionnel ou régulier. Elle est engagée également vis-à-vis de ses collègues et des partenaires avec qui il travaille.

La relation entre le praticien et le patient

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Cette relation est basée sur un libre choix mutuel.

La psychanalyse et la psychothérapie d’orientation jungienne favorisent le développement d’un processus transférentiel entre patient et praticien. La dynamique psychique transférentielle institue une relation de dépendance du patient.
La dissymétrie induite par la relation transférentielle entraîne des risques qui nécessitent un code de déontologie, donnant les limites à l’intérieur desquelles s’exercent le métier de psychanalyste et celui de psychothérapeute d'orientation jungienne.

Au cours des premiers entretiens, le praticien veille à ce que ses relations éventuelles, antérieures ou prévisibles, avec le patient et son entourage, ne présentent pas d’obstacle à un travail analytique.

Au début du travail analytique, le praticien définit le cadre et les conditions du travail analytique : la fréquence des séances, les horaires, le lieu des séances, les règles et les limites, le montant des honoraires, les modalités de paiement, de façon à créer un contexte de sécurité et un engagement réciproque avec le patient.

Les rapports d’argent sont strictement limités aux honoraires professionnels.

Le praticien s’abstient de toute relation agressive, sexuelle, d’emprise et plus généralement destructrice ou d’abus de pouvoir avec le patient, sa famille, ses proches. Il fait attention à ne causer intentionnellement aucun tort, de façon directe ou indirecte, aux patients.

Si un patient relate une situation non éthique à un praticien, celui-ci l’informe de ses droits et de la possibilité de contacter le Conseil d'Ethique.

Pendant toute la durée du travail le praticien garde une réserve dans les relations sociales avec le patient, sa famille, ses proches.
Dans le cas d’un travail avec un enfant, le praticien veille à ce que les relations avec les parents et les intervenants auprès de l’enfant, gardent pour objectif central le travail avec l’enfant.

Tout changement lié au cadre, au cours de l’analyse ou la psychothérapie, est introduit avec prudence, de façon à respecter au mieux le processus psychique en cours. Le praticien doit savoir adapter sa pratique en fonction de l’état du patient.

En cas de nécessité, l’analyste ou le psychothérapeute d’orientation jungienne a la responsabilité d’orienter le patient vers d’autres praticiens ou d’autres pratiques.

Après la fin de l’analyse ou de la psychothérapie, le praticien doit faire preuve de discrétion et de simplicité dans toute relation sociale avec le patient, ayant en mémoire la nécessité de respecter la confidentialité et la persistance possible de phénomènes transférentiels.

Dans ses déclarations écrites, orales et publiques, le praticien s’abstient de toute affirmation non étayée ou désobligeante, de tout propos discréditant le patient.

La confidentialite

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La confidentialité, c'est-à-dire le secret professionnel et le respect de l'anonymat des patients, est indispensable dans la relation qui lie praticien et patient. Ce n'est que dans cet espace préservé que la relation transférentielle peut se construire.
Cette condition indispensable de confidentialité s'étend aux relations entre superviseur et supervisé, entre participants aux ateliers cliniques, aux communications scientifiques, ou plus généralement dans les relations avec les autres collègues.
Il revient au praticien d'évaluer en permanence les répercussions de ses paroles, de ses écrits et de ses communications sur ses patients ou collègues en supervision ou en ateliers cliniques.


Les contacts avec un tiers au sujet du patient sont donc a priori exclus. Ils ne pourraient se concevoir qu'exceptionnellement dans l'intérêt du patient ou pour sa sauvegarde et ne sauraient être entrepris sans son consentement.
Dans le cas particulier de la prise en charge d'un enfant, de tels contact sont cependant nécessaires avec le milieu parental de l'enfant. Ils doivent être envisagés, discutés et précisés lors des entretiens préliminaires.
La confidentialité telle qu'elle est précisée plus haut est à maintenir au-delà de la prise en charge du patient et au-delà de la mort. Il revient au praticien de prévoir ce que vont devenir ses notes personnelles.

La relation entre le superviseur et le supervise

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La relation entre le superviseur et le supervisé induit un « transfert de travail » ; elle implique des attentions et des précautions de la part du superviseur. 
Le superviseur s’abstient de toute relation agressive, sexuelle, d’emprise ou plus généralement destructrice ou d’abus de pouvoir avec le supervisé et ne peut se prévaloir du consentement du supervisé.
Il revient au superviseur à la fois de protéger et de mettre progressivement à l’épreuve ce « transfert de travail », qui doit aboutir à l’évolution «en parité » du superviseur et du supervisé dans l’association.

Le contenu des séances de supervision est strictement confidentiel.

Lorsqu’un un patient entreprend une formation en vue de devenir lui-même praticien, il convient que le praticien veille à respecter une frontière entre ses différents rôles comme analyste, formateur ou superviseur.
En tant que superviseur, le praticien a la responsabilité de clarifier et d’aider à exprimer le matériel des situations cliniques présentées. Le superviseur doit identifier et explorer les réactions contre-transférentielles vécues par le supervisé avec son patient, tout en veillant à ne pas empiéter dans le champ de son analyse personnelle.

Les relations entre collegues

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Elles sont sous-tendues par l’horizontalité qui suppose parité et respect.
Le praticien soutient ses pairs dans l’exercice de leur activité et veille à favoriser leur créativité individuellement et collectivement.
Le praticien est concerné par tout manquement grave aux principes du code de déontologie d’un des membres de l'APPJ, qu’il s’agisse d’un membre en cours d'affiliation ou d’un membre affilié.

Il revient à tout praticien de considérer ses collègues comme une ressource lorsqu’il rencontre une situation qu’il estime non conforme au Code de Déontologie. Il peut en parler à un collègue de son choix, qui dès lors occupe une fonction de médiateur. Celui-ci aide son collègue à évaluer la situation et à en tirer, dans la réalité, les conséquences qui en découlent. Chaque praticien peut aussi interpeller directement le Conseil d’Ethique.

Les relations avec l’exterieur

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Le praticien respecte les pratiques de ses collègues et des autres spécialistes du domaine thérapeutique pour autant qu’elles ne contreviennent pas aux principes fondamentaux du présent code. Ceci n’exclut ni la critique argumentée ni les débats théorico-cliniques.

Tout membre a une responsabilité en rapport avec la diffusion de la psychologie analytique CG Jung et en rapport avec l'APPJ. Il fait preuve de discernement et s’efforce de faire de l’analyse et de ses applications une présentation en accord avec l’éthique de la profession. Tout membre qui veut se prévaloir de son appartenance à l'APPJ veille à préciser sa qualité de membre : membre en cours d'affiliation ou membre affilié, membre honoraire, membre d’honneur ou membre bienfaiteur.